Conseil Scientifique 2010

Le Conseil Scientifique de 2005 a élaboré le texte de l’appel à propositions de recherche selon les orientations données par le comité d’orientation. Le nouveau Conseil Scientifique a évalué les qualités scientifiques des projets. Il sera également chargé de suivre leur évolution. Il rassemble les scientifiques suivants :

Présidente : Meriem FOURNIER (AgroParisTech)

  • Marieke BLONDET (AGROPARISTECH)
  • Thomas CORDONNIER (IRSTEA)
  • Daniel EPRON (UNIV. NANCY)
  • Jean-François DHÔTE (ONF)
  • Serge GARCIA (INRA)
  • Christian GAUBERVILLE (CNPF-IDF)
  • Frédéric GOSSELIN (IRSTEA)
  • Hervé JACTEL (INRA)
  • François LEFEVRE (INRA)
  • Roselyne LUMARET (CNRS)
  • Xavier MORIN (CNRS)
  • Marie-Dominique RIBEREAU-GAYON (CNRS)
  • Thierry TATONI (UNIV. Aix-Marseille)

Texte de l’appel à propositions de recherche 2010

 [Télécharger la version complète de l’Appel 2010]

Le texte présente :

  o les orientations générales du programme pour la période 2010-2015
  o les thématiques privilégiées en 2010 pour :
    1. l’appel à propositions de recherche,
    2. l’appel à idée.

L’appel à propositions est clos depuis le 6 avril 2010.

Les questions scientifiques qui sous-tendent le programme pour les cinq années à venir sont :

  • l’observation de la biodiversité en lien avec les pratiques de gestion,
  • l’hétérogénéité et la fragmentation des paysages,
  • les relations entre parties prenantes et les situations contradictoires entre des politiques publiques,
  • les services écosystémiques rendus par la biodiversité.

En 2010, les thématiques privilégiées étaient :

  * Pour l’appel à propositions de recherche :
    1. la mesure des la biodiversité et ses relations avec les indicateurs en vue de leur transférabilité aux gestionnaires,
    2. biodiversité et itinéraires sylvicoles : prédiction des effets réciproques,
    3. biodiversité distribuée dans l’espace.

  * Pour l’appel à idées :
    1. l’état de bonne conservation des habitats,
    2. Les implications de la mise en oeuvre de la trame verte et bleue pour la biodiversité forestière,
    3. l’analyse socio-économique de la « valeur » de la biodiversité

Liste des projets

GNB – Gestion, naturalité et biodiversité : développements méthodologiques et étude de la biodiversité des forêts exploitées et non-exploitées

[Télécharger le rapport final]  [Télécharger la synthèse finale]

Coordinateur : Frédéric Gosselin (IRSTEA Nogent)

Partenaires :
CEMAGREF Grenoble,
UMR Tetis,
Réserves naturelles de France,
UMR Dynafor.

Mots clés :
Biodiversité forestière, régime de perturbation, trouées forestières, degré de naturalité, mesure de la biodiversité, indicateur de biodiversité, modèles statistiques bayésiens, télédétection, photogrammétrie, approches orientées objet

L’extension raisonnée du réseau de réserves fait partie des mesures adoptées par la Stratégie Nationale pour la Biodiversité pour améliorer la biodiversité forestière métropolitaine française. Ce choix de gestion apparaît judicieux car la littérature scientifique souligne que la non-exploitation est un des axes qui favoriserait une partie de la biodiversité forestière menacée par la gestion forestière traditionnelle. Néanmoins, en France notamment, les connaissances qui sous-tendent ce choix font défaut. Cette orientation de gestion rejoint ainsi les nombreuses politiques concernant la biodiversité qui sont mises en œuvre sur la base de concepts ou d’idées consensuelles, mais dont le fondement empirique est mince et l’efficacité pratique peu connue (Sutherland et al. 2004).
Aussi, le premier objectif du projet « Gestion forestière, Naturalité et Biodiversité » (GNB) est de quantifier et de mieux comprendre la réponse de 7 groupes taxinomiques à l’arrêt de l’exploitation forestière dans plusieurs massifs forestiers Français, et de la confronter à une analyse de la littérature scientifique mondiale. L’analyse de la bibliographie mondiale sur la question, nous permettra de préciser, notamment sur le plan quantitatif, les premiers résultats publiés à partir de la bibliographie européenne (Paillet et al., 2010) ; elle permettra par ailleurs de définir les hypothèses les plus prometteuses expliquant le lien entre arrêt de l’exploitation et biodiversité – notamment des hypothèses relatives au régime des perturbations. C’est sur ces hypothèses que sera basée la première partie des analyses des données récoltées sur le terrain.
Le second objectif du projet GNB est de tester des indicateurs indirects de biodiversité sur un gradient étendu d’intensité de gestion. La seconde partie des analyses des données sera ainsi fondée sur la comparaison de différents modèles écologiques explicatifs de la biodiversité, associés soit à la problématique « arrêt de l’exploitation », soit à des indicateurs de gestion durable actuellement utilisés ou en cours de développement.
Le troisième objectif du projet est d’ordre méthodologique : nous effectuerons des tests de protocoles et des développements statistiques utiles non seulement pour ce projet mais de manière plus générale pour l’analyse de ce type de données en écologie ou pour les besoins des gestionnaires. Nous testerons notamment l’effet observateur sur les protocoles de relevés mycologiques et bryologiques et sur le relevé d’Indice de Biodiversité Potentielle (Larrieu and Gonin 2008). Nous développerons un protocole de caractérisation des perturbations de la canopée forestière permettant de quantifier le régime de perturbations de la canopée passé. Nous améliorerons les méthodes statistiques d’analyses de données de biodiversité (données en présence-absence ou données de comptage) en modélisant l’autocorrélation spatiale. Ces méthodes devraient permettre de mieux prendre en compte le problème de pseudo-réplication (Hurlbert 1984) typique des études sur le sujet, caractérisées par des placettes moins dispersées dans l’espace dans les forêts non-exploitées qu’en forêts exploitées.
Nos résultats seront non seulement des résultats supplémentaires sur une question peu abordée en Europe tempérée occidentale, mais aussi parmi les seuls résultats sur le sujet abordant la question sur plusieurs massifs, avec un contrôle stationnel et des modèles statistiques quantitatifs adaptés aux types de données recueillies.

GeForHet – Produire plus tout en préservant mieux la biodiversité : quelle gestion multifonctionnelle des peuplements forestiers hétérogènes ?

[Télécharger le rapport final]  [Télécharger la synthèse finale]

Coordinateur : Benoît Courbaud (IRSTEA Grenoble).

Partenaires :
CEMAGREF Nogent,
ONF.

Mots clés :
Sylviculture, peuplement, paysage, modélisation, expérimentation, indicateurs indirects de biodiversité, gestion durable, analyse de sensibilité, multi-échelles, ingénierie écologique.

L’objectif du projet est de définir les conditions d’une sylviculture des peuplements hétérogènes à hêtre, sapin, épicéa et essences associées répondant au double objectif de produire plus tout en préservant mieux la biodiversité. Un premier axe, basé sur l’utilisation du modèle Samsara2 pour les sapinières-pessières de montagne et d’une nouvelle version du modèle, étendue aux principales essences forestières des Alpes et du Jura, permettra d’explorer cette question par analyse de sensibilité globale. Nous analyserons l’effet de l’intensité des prélèvements (taux de récolte et d’éclaircie – diamètre d’exploitabilité), de leur répartition par espèces et de leur organisation spatiale (trouées), des conditions d’environnement (climat et sol), du régime de perturbations et de la composition du peuplement initial (effet réciproque de la biodiversité) sur la durabilité de la sylviculture menée, l’hétérogénéité du peuplement, la production, la résilience, la diversité arborée et sur des indicateurs indirects de biodiversité calculés à partir de la structure du peuplement. Nous testerons l’hypothèse qu’une gamme intermédiaire d’intensités de sylviculture permet un compromis durable entre production et biodiversité. Dans un deuxième axe, nous testerons la capacité des indicateurs indirects de biodiversité utilisés à prédire la diversité floristique observée sur les placettes IFN des Alpes et du Jura et nous améliorerons ces indicateurs. Dans un troisième axe, nous élaborerons un protocole d’expérimentation sylvicole de terrain pour les hêtraies-sapinières-pessières hétérogènes à partir de peuplements adultes et nous installerons quatre expérimentations dans les Alpes et le Jura. Les simulations nous permettront de cibler un nombre limité de modalités sylvicoles contrastées à conduire et des structures de peuplements adultes initiaux dans lesquels les facteurs hétérogénéité en dimension, densité et équitabilité des espèces seront contrôlés indépendamment.
Les résultats attendus sont une définition des gammes de variables de sylviculture, de conditions d’environnement et de composition permettant d’assurer un compromis durable entre production et préservation de la biodiversité en hêtraies-sapinières-pessières ; l’élaboration d’itinéraires sylvicoles et d’algorithmes d’éclaircie réutilisables dans des guides de sylviculture et d’autres modèles de simulation ; une amélioration et une évaluation d’indicateurs indirects de biodiversité pour la flore ; une avancée méthodologique sur la manière de construire des expérimentations sylvicoles de terrain en peuplements hétérogènes ; et l’implantation de quatre expérimentations.

Le projet, conduit en partenariat entre le IRSTEA et l’ONF associera modélisateurs et sylviculteurs de terrain.

IMPREBIO – Impact de l’intensité des prélèvements forestiers sur la biodiversité (IMPREBIO)

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Coordinateur : Philippe Balandier (INRA – IRSTEA).

Partenaires :
Université de Rouen (Ecodiv),
INRA (Lerfob),
ONF,
Université d’Aix-Marseille (IMEP).

Mots clés :
Itinéraire sylvicole, biodiversité, éclaircie, lumière, eau, faune, flore, invertébré, modélisation.

Produire plus tout en préservant mieux la biodiversité est un objectif du Plan Forestier National et du Grenelle de l’Environnement. Plus largement l’augmentation des prélèvements de bois en forêt est souhaitée à l’échelle européenne. Par ailleurs, dans le cadre des changements climatiques, de nombreuses recommandations sont faites pour réduire le nombre d’arbres sur pied des peuplements afin de réduire la consommation en eau et ainsi mieux faire face aux sécheresses récurrentes que subissent nos écosystèmes. Toutes ces mesures vont dans le sens d’une augmentation des prélèvements de bois en forêt.
Les conséquences de ces changements de pratique en termes de biodiversité n’ont toutefois pas fait l’objet de recherches approfondies, tant au niveau national qu’international. Les recherches sont tout au mieux fragmentaires, n’étudiant souvent qu’un seul compartiment de la diversité (la flore) et sur des dispositifs peu ou mal contrôlés. En réduisant le nombre d’arbres, le forestier augmente les ressources, notamment en eau et lumière, ce qui provoque en retour une augmentation de la biomasse végétale du sous-bois, avec des réactions possibles sur les autres compartiments de l’écosystème, insectes, gastéropodes, faune du sol. Comment et en quoi ces changements ont des répercussions sur la diversité de l’ensemble est une question en débat. Nous nous proposons de l’aborder via des réseaux multi-sites de parcelles expérimentales, le GIS « coopérative de données sur la croissance des peuplements forestiers » et le réseau « chêne » du LERFOB, qui testent différents scénarios d’intensité d’éclaircie de façon contrôlée.
Cette étude a donc pour objectif d’étudier les conséquences de l’intensification des prélèvements de bois en forêt sur différents compartiments de la biodiversité en futaie régulière de chêne et d’en modéliser la réponse en fonction des caractéristiques du peuplement, du climat lumineux, de la disponibilité en eau et de la température, afin d’en généraliser les résultats. Les essences choisies (chênes sessile et pédonculé) sont largement répandues en Europe et les résultats pourront donc avoir une plus grande portée que la simple échelle nationale.
Plus spécifiquement il s’agit de mesurer et mettre en évidence les variations des communautés végétales (flore vasculaire, bryophytes dont les épiphytes), d’insectes, de la faune du sol et des gastéropodes sur une gamme de scénarios sylvicoles très contrastés et parfaitement contrôlés. En parallèle, la variation des facteurs du milieu, lumière, eau et température sera mesurée afin d’établir un lien fonctionnel entre observations de diversité et pratiques sylvicoles. Ce lien sera finalement modélisé pour généraliser les résultats obtenus et afin d’obtenir un outil de prédiction de l’impact des prélèvements sur la biodiversité.
Outre cet outil de simulation, les résultats seront valorisés via des supports scientifiques et techniques (revues, site web, colloque) et par notre partenaire gestionnaire l’ONF.

DISTRAFOR – Dispersion et persistance de la biodiversité dans la trame forestière

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Coordinateur Frédéric Archaux (IRSTEA Nogent).

Partenaires :
Ecole d’ingénieur de Purpan,
Université de Toulouse,
UMR Bioemco-IRD,
INRA Nancy-Univ Nancy,
UMR Dynafor -INRA Toulouse-INPT-ENSAT,
CRPF Ile de France-Centre.

Mots clés :
Coléoptères saproxyliques, collemboles, dispersion, fragmentation, flore, méta-population.

La trame verte et bleue (TVB) doit permettre aux espèces de pouvoir migrer au sein des paysages, en particulier sous la contrainte climatique. Néanmoins, la TVB est sujet de controverses scientifiques, en particulier (1) sur la proportion d’espèces dont la distribution est effectivement limitée par leur faible capacité de dispersion et (2) sur l’efficacité des corridors à maintenir la biodiversité dans un paysage. Certains auteurs suggèrent en effet que la distribution des espèces est plus le reflet de la surface totale d’habitat favorable que de sa fragmentation dans le paysage, arguant qu’en deçà d’un certain seuil de surface d’habitat favorable, l’espèce ne peut plus se maintenir. Pour d’autres, la distribution actuelle de la biodiversité serait plus le reflet du paysage passé et ce d’autant plus que les taxa sont peu dispersant, ce qui militerait pour la mise en place d’une sous-trame de forêts anciennes. Néanmoins, l’importance des forêts anciennes n’a cependant été étudiée que pour un nombre limité de groupes taxinomiques.
L’objectif général de ce projet porte sur l’influence de la trame forestière actuelle et ancienne sur la dynamique spatiale de la biodiversité forestière à travers trois volets complémentaires. Le premier explore cette influence sur la flore forestière du Bassin parisien, en mettant différentes théories (métapopulations, modèles neutres, théorie de la niche) à l’épreuve de deux grandes bases de données (IFN, CBNBP). Le deuxième volet s’attache à explorer la sensibilité à la fragmentation actuelle et passée de deux groupes faunistiques dont la réponse est très mal connue, les coléoptères saproxyliques et la faune du sol, dans deux zones géographiques contrastées le Gâtinais oriental et les coteaux de Gascogne. Le dernier volet explore l’effet relatif de l’accrétion et de la nucléation des forêts récentes sur la flore, selon un même protocole répliqué dans le Gâtinais oriental et en Lorraine.
Un comité de suivi incluant des écologues, des gestionnaires et des institutionnels permettra de faire correspondre au mieux les questions de terrain et le questionnement scientifique du projet. Une plaquette à destination des propriétaires forestiers sera réalisée sur l’importance pour la biodiversité de la forêt ancienne et des petits boisements.

BILISSE – Comment la biodiversité des lisières renforce des services écologiques ?

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Coordinateur : Marc Deconchat (INRA Toulouse, Dynafor).

Partenaires :
INRA Bordeaux (Biogeco),
CEMAGREF Nogent,
Ecole d’ingénieur de Purpan- INP Toulouse.

Mots clés :
Interface forêt-milieu agricole, biodiversité, pollinisation, auxiliaires des cultures, prédation.

Les lisières entre les milieux forestiers et les milieux ouverts, agricoles ou autres, sont très fréquentes dans les paysages ruraux tempérés dans lesquels les forêts sont fragmentées. Elles jouent des rôles écologiques majeurs, notamment pour la biodiversité. Pourtant, les connaissances sur cette biodiversité et les services écosystémiques associés restent très partielles et parfois contradictoires. Or, les gestionnaires forestiers et agricoles vont avoir de plus en plus besoin de ces informations pour adapter leurs gestions dans un contexte où les interactions ente les forêts et l’agriculture seront plus importantes, notamment à travers la valorisation des services écosystémiques, tels que la pollinisation et la régulation des ravageurs.
Le projet comporte 3 volets complémentaires. Le volet 1 vise à établir l’état des connaissances sur la biodiversité des lisières forestières, à les partager avec les gestionnaires pour qu’ils puissent formuler leurs attentes. Il intègre l’organisation d’ateliers d’échanges avec les gestionnaires et un site web autour des ressources bibliographiques traitées par une méta-analyse. Le volet 2 aborde la question des relations entre les lisières et la biodiversité sous un angle original et qui a des répercussions finalisées. Il s’agit en effet de caractériser les variations de l’effet de lisière sur la biodiversité selon des facteurs majeurs (types de milieux adjacent et longueur des lisières), mais aussi de quantifier cet effet à l’échelle du paysage afin d’alimenter des réflexions d’aménagement de l’espace. Ce volet 2 donnera des informations importantes sur l’état de la biodiversité dans les lisières pour plusieurs groupes spécifiques (Flore vasculaire, Apoïdes, Rhopalocères, Oiseaux) étudiés simultanément sur 3 sites de forêts de plaine (Régions Centre, Aquitaine et Midi-Pyrénées). Le volet 3 s’intéresse aux rôles fonctionnels de cette biodiversité en évaluant des services écosystémiques rendus dans des milieux hors de la lisière. Il s’agit ici d’estimer le degré de réalisation des services écosystémiques de pollinisation et de régulation de phytophages par des dispositifs expérimentaux installés dans les 3 sites du projet.
Les résultats attendus concernent une meilleure connaissance des facteurs de variation de la biodiversité dans les lisières et l’identification de patrons de réponse communs entre les groupes d’espèces afin de contribuer à améliorer les outils de diagnostic de la biodiversité des paysages agriforestiers, les modèles de simulation et in fine la capacité des gestionnaires à prendre en compte les lisières dans leurs problématiques de gestion de la biodiversité. Par une meilleure connaissance des conditions favorisant les services de la biodiversité, les gestionnaires pourront agir pour les mettre en valeur et les renforcer, dans une perspective d’ingénierie écologique.

SYLECOL – Impact de la Sylviculture sur la biodiversité et le fonctionnement des écosystèmes lotiques (SYLECOL)

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Coordinateur : Antoine Lecerf (EcoLab, CNRS-Université Paul Sabatier, Institut National Polytechnique de Toulouse).

Partenaires :
Université Paul Sabatier (EcoLab),
CNRS.

Mots clés :
Canopée, forêt rivulaire, diversité des litières, réseaux trophiques aquatiques, poissons, invertébrés, champignons décomposeurs, ruisseaux de tête de bassin.

La forêt influence un large éventail de propriétés écologiques fondamentales des écosystèmes lotiques (=eaux courantes), notamment via l’ombrage des eaux par la canopée et les apports de matières organiques terrestres (litières végétales et invertébrés terrestres). A cet égard, toute altération de la forêt rivulaire causée par la sylviculture est susceptible d’affecter l’état écologique des ruisseaux, posant des problèmes majeurs pour la gestion de la ressource en eau et des écosystèmes aquatiques. Les défis majeurs auxquels les gestionnaires forestiers doivent maintenant faire face sont de déterminer 1) quelles pratiques sylvicoles impactent le plus les ruisseaux ? 2) comment ces impacts peuvent être atténués ? et 3) quels sont les indicateurs à utiliser pour évaluer l’efficacité des mesures de protections ? Ce programme de recherche a pour objectifs d’apporter des bases scientifiques rigoureuses pour une gestion forestière respectueuse des ruisseaux et pour le développement d’outils diagnostics de l’impact de la sylviculture. Afin de déterminer quel est l’impact de la sylviculture sur les écosystèmes lotiques dans leur ensemble, nous étudierons une grande diversité de variables de réponse, incluant les composantes biologiques (champignons décomposeurs du groupe des hyménomycètes aquatiques, algues, invertébrés, poissons) et des processus écologiques (p. ex. la décomposition des litières) clés des ruisseaux.

Ce programme de recherche a trois principaux objectifs : 1) comprendre comment la sylviculture impacte la biodiversité et le fonctionnement des écosystèmes lotiques, 2) proposer des solutions de gestion de la forêt rivulaire respectueuse des ruisseaux, et 3) proposer des indicateurs de bon état écologique des ruisseaux aux gestionnaires des forêts et des milieux aquatiques. Trois actions de recherche seront menées sur une durée de 36 mois. La première action est une étude des relations entre l’ouverture de la canopée de la forêt rivulaire et des descripteurs de la biodiversité et du fonctionnement trophique des ruisseaux. En étudiant 10 sites formant un large gradient d’ouverture de la canopée (de <5% à >90%), nous testerons l’hypothèse d’une réponse non-linéaire de la biodiversité et des fonctions des consommateurs microbiens, invertébrés et poissons à l’ouverture de la canopée. En particulier, nous pensons qu’il existe un compromis entre l’exploitation des arbres sur les rives et la conservation d’une surface minimale de canopée pour le maintien du bon état écologique des ruisseaux. La deuxième action de recherche est une expérience à moyen terme (3 ans) de manipulation de la diversité des litières à l’échelle de l’écosystème sur 9 blocs expérimentaux distribués au sein de 3 ruisseaux. L’hypothèse testée est que le maintien d’une bonne diversité végétale le long des berges, et donc d’une bonne diversité des litières apportées aux ruisseaux, favorise la biodiversité et la production des invertébrés benthiques et influence le taux de décomposition des litières. Enfin, la troisième action de recherche consiste en une méta-analyse des données d’études examinant l’impact des pratiques sylvicoles sur les ruisseaux. Les résultats de cette méta-analyse permettront notamment de cibler le ou les meilleurs indicateurs capables de détecter l’impact d’un large éventail de pratiques sylvicoles et de hiérarchiser les pratiques sylvicoles en fonction de leur niveau d’impact sur les ruisseaux.

Nos résultats seront donc directement utilisables pour formuler des recommandations pour une gestion optimale des forêts rivulaires et sur le choix des indicateurs écologiques pertinents pour évaluer l’impact de la sylviculture sur l’état écologique des ruisseaux. Nous pensons que ces recommandations seront applicables non seulement en milieux forestiers mais également en milieux agricoles et suburbains où la problématique de la restauration et de l’entretien des ripisylves est centrale. Au final, ce programme de recherche sera l’occasion de réunir les organisations représentatives des gestionnaires des forêts et des milieux aquatiques notamment au travers d’une journée de restitution de nos résultats.

GuyaSpaSE – Comment passer des estimations locales de biodiversité et de stocks de carbone à des indicateurs régionaux utilisables dans l’aménagement et la gestion des massifs forestiers guyanais ?

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Coordinateur : Christopher BARALOTO (Ecofog, INRA).

Partenaires :
INRA (Ecofog),
CIRAD (Ecofog),
UAG (Ecofog),
AGROPARISTECH (Ecofog),
ONF Guyane,
IRD (Herbier, Amap).

Mots clés :
Beta-diversité, diversité fonctionnelle, Inventaires forestiers, indices de biodiversité, gestion des paysages, habitats, stocks de carbone, Guyane Française, parcelles permanentes.

La forêt guyanaise, qui représente un tiers de la forêt française, sera au cœur de la problématique de développement de ce département français d’Amérique du Sud dans les décennies à venir. Comment préserver ce remarquable réservoir de biodiversité et de carbone tout en aménageant le territoire, aménagement qui impliquera obligatoirement un changement d’usages d’une partie des terres actuellement à vocation forestière ? Dans ce contexte, la définition d‘indicateurs de services environnementaux (biodiversité, carbone) comme outils d’aide à la décision pour les gestionnaires est un préalable indispensable pour mettre en œuvre un développement durable.

Dans ce projet nous proposons de définir des outils fiables d’évaluation de la biodiversité à l’échelle de travail des gestionnaires. Pour ce faire, nous proposons d’aborder la biodiversité à travers la notion d’« habitat » qui est la plus appropriée d’un point de vue opérationnel, eu égard à son échelle de perception, à son caractère intégrateur et à son utilisation partagée par les différentes disciplines (botanistes, géographes, forestiers, spécialistes de la faune…). Deux axes de travail seront privilégiés :

 – l’étude de la variabilité spatiale des habitats forestiers à l’échelle des paysages en Guyane (Actions 1, 2), le terme paysage étant entendu comme une mosaïque d’habitats en interaction (Forman et al. 1986). Les paysages seront définis à partir de données géomorphologiques et seront ensuite caractérisés par l’abondance relative des différents types d’habitat.
 – la définition, la modélisation et l’estimation d’indices de biodiversité et de stocks de carbone; Ce travail sera réalisé à partir d’informations recueillies depuis plusieurs décennies et compilées dans des bases de données associant pour chaque site étudié des données environnementales, des informations botaniques et des données de traits fonctionnels. L’objectif sera d’une part de trouver les indices les plus pertinents pour capter les différents patrons de diversité et de carbone et d’autre part de définir des protocoles de collecte de données sur le terrain, rapides et répondant conjointement aux deux services (Action 2).

La mise au point et le calcul d’indicateurs de la biodiversité et du stock de carbone définis et validés à l’échelle de l’habitat et compilés au niveau des paysages permettra de cartographier sur l’ensemble du territoire guyanais ces deux principaux services environnementaux.

OPTIQ-BIODIVERSITÉ : outils et processus pour une territorialisation intégrée de la qualité de la biodiversité

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Coordinateurs : Marc VALENZISI et Alain BAILLY (FCBA).

Partenaires :
ENS Lyon (UMR 5600 Environnement, Ville, Société),
Université de St Etienne (UMR 5600 Environnement, Ville, Société),
Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (LADYSS, UMR 7353 CNRS),
FCBA,
AGROPARISTECH,
CIRAD.

Mots clés :
Biodiversité, forêts de production, territoires, échelles, outils de médiation, outils de pilotage.

Faisant suite aux travaux conduits entre 2006 et 2008 qui ont permis de constater que la prise en charge de la biodiversité par les propriétaires et gestionnaires forestiers nécessitait de construire un projet global accepté et validé par l’ensemble des acteurs du territoire, le projet se propose de définir et préciser les outils nécessaires à cette (co)construction et à sa pérennité dans le temps. Pour cela nous chercherons, sur certains des territoires étudiés dans le premier projet, à définir les éléments du processus à mettre en oeuvre, les outils de représentation et de négociation des enjeux et enfin de suivi des actions conduites afin de s’assurer de la pérennité du processus.

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