Biodiversité forestière et changements globaux : méthodes et applications aux peuplements d’oiseaux forestiers

Biodiversité forestière et changements globaux : méthodes et applications aux peuplements d’oiseaux forestiers

Coordinateur : Jacques Blondel (CNRS).

Les milieux de montagne sont très favorables pour l’étude des conséquences du réchauffement climatique et des pratiques agricoles sur l’avifaune depuis 25 ans car :
(i) ils sont restés relativement stables,
(ii) l’intensité des pratiques agricoles décroît avec l’altitude, ce qui permet de juger de l’importance relative de changement climatique et des modifications d’habitat sur les changements de distribution des communautés en altitude.

Les communautés d’oiseaux du Mont-Ventoux (Vaucluse) et de la Haute vallée du Giffre (Haute-Savoie) ont été échantillonnées par points d’écoute dans les années 1970 et 2000, aux mêmes points et selon la même méthodologie, mais par des observateurs différents.
Au plan méthodologique, l’analyse de relevés simultanés a montré que l’effet observateur était négligeable par rapport aux autres sources de variabilité, ce qui autorise les analyses réalisées sur les changements de distribution en altitude et de la fréquence d’occurrence contrôlant pour la variabilité d’échantillonnage, les changements d’habitat et les fluctuations interannuelles des populations. Ces analyses ont montré que :
(i) la moitié des espèces migratrices transsahariennes a significativement décliné ;
(ii) les populations des espèces forestières sont restées stables malgré de fortes différences entre espèces, en l’absence de modifications importantes du milieu forestier ;
(iii) les espèces des milieux ouverts ont décliné. En particulier, les oiseaux dépendant des milieux agricoles ont fortement décliné en bas de pente dans la vallée du Giffre, en réponse probable à la mécanisation agricole ;
(iv) le réchauffement annuel de plus de 1,2 °C en 25 ans ne s’est pas accompagné de la remontée en altitude des espèces forestières.

Cette étude montre que jusqu’à présent les changements de l’avifaune alpine résultent plus des modifications anthropiques des habitats que du réchauffement climatique. Les résultats sont globalement conformes à ce qui est observé ailleurs en Europe.

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